1914-2014, centenaire de la Grande Guerre

Centenaire de la Grande Guerre

Au début de l’année 1914, la communauté protestante comportait 81.000 luthériens et 548.000 réformés. Au total, les protestants, qui constituaient 2,6% de la population française au milieu de XIXe, n’en constituent plus que 1,6 % du fait de la perte de l’Alsace Lorraine.

A la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France le 3 août 1914 c’est « l’Union Sacrée » évoquée par Raymond Poincaré qui prévaut.

La nouvelle est accueillie avec angoisse, les protestants ont réagi comme l’immense majorité de leurs compatriotes : la détermination et le sens du devoir l’emportent, abolissant les divergences entre les partisans de la fermeté et les pacifistes. Les conflits politiques et religieux qui ont si souvent déchiré le pays sont gommés, le sentiment de légitime défense, voire un désir de revanche contre l’agression de l’Allemagne, est unanime. Protestants et catholiques, qu’ils soient soldats ou aumôniers se rapprochent. Toutes les  « familles spirituelles » de France sont réunies.

La notion de « protestants dreyfusards » est oubliée, de même que l’insinuation selon laquelle le conflit oppose l’Allemagne protestante de Luther à la France catholique de Jeanne d’Arc est vivement rejetée par le plus grand nombreL’Angleterre alliée de la France est protestante et l’entrée en guerre en 1917 des Etats-Unis protestants efface les controverses.

 

La vie des Eglises est bouleversée, en particulier dans le Nord de la France où la vie est très difficile. La mobilisation de tous les hommes de 20 à 48 ans, donc des pasteurs du même âge, désorganise les paroisses. Pour remplacer les absents, qui dans certaines régions représentent la moitié du corps pastoral, on fait appel aux pasteurs en retraite, à des étrangers francophones, parfois à des laïcs. Le rôle des femmes de pasteurs devient très important. Elles effectuent les tâches pastorales les plus diverses.

La vie paroissiale est ralentie, d’autant que des temples sont réquisitionnés le plus souvent pour  y installer un hôpital. Les deuils répétés sont publiés dans les journaux paroissiaux, les noms des « morts pour la France » sont mis sur les murs des temples, des cérémonies œcuméniques sont organisées. De nouvelles tâches apparaissent : aumôniers auprès des soldats américains débarqués dans les ports, ou auprès des prisonniers allemands internés près de leur église.

Wassy

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site